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L'Édito politique #59 : La victoire, mais à quel prix !*Théo Moy, chef du service politique

Ils chantent leur victoire, la gauche, la droite. Ils scandent le terrassement de l'Ennemi, le Front National. Au risque d'en oublier les scores extraordinaires que le parti frontiste a réalisés au premier tour. Au risque d'oublier que des millions de Français ont glissé un bulletin estampillé de la flamme dans l'urne. Comme si rien ne s'était passé.

Peut-être que finalement personne n’a gagné ces élections, La Croix titre d’ailleurs ce matin « La défaite pour tous ». En effet, il n’y a pas de vague bleue et les socialistes ont perdu bien des régions. Alors, réjouissons-nous sobrement de l’échec d’un parti que l’on juge mauvais pour la France et interrogeons-nous sur l’état de notre démocratie.

Le Parti Socialiste retirant ses candidats en PACA et dans le Nord-Pas-de-Calais, le barrage au Front National était édifié. Mais cette posture n'est pas sans danger. Par certains aspects, elle pourrait virer au déni de démocratie. Que dire aux électeurs de ces régions qui ont voté PS par centaines de milliers et qui ne seront pas représentés dans les conseils régionaux? Que dire aux 28% d'électeurs frontistes du premier tour dont aucun des candidats ne l'a remporté au second tour?

Cette manière d'élire nos représentants n'est pas saine. Le système électif institué par Charles de Gaulle ne semble plus viable à l'heure du tripartisme. Un débat doit donc être entamé sur ce sujet. Ne nous trompons pas à son propos, il ne faut pas croire les dires de Marine Le Pen sur un dit « copinage » de la droite et de la gauche qui trahirait la démocratie. Le problème réside plutôt dans une incapacité croissante de nos modes de scrutins à assurer une bonne représentation. Pour certains suffrages tels les législatives, l’introduction d’une dose de proportionnelle est plus que jamais nécessaire.

Mais ce débat que je souhaite n’est lancé par personne, outre le FN. En effet, les grands partis qui tiennent successivement les rênes du pouvoir depuis des décennies ont bien plus à y perdre qu’à y gagner. Et quand bien même on les interrogerait à ce sujet, ils rétorqueraient que la proportionnelle serait facteur d’instabilité politique, et ils n’auraient pas tort. Quoi qu’il en soit, le constat est là et tout ce que l’on peut souhaiter c’est que la démocratie reprenne un jour ses droits en France.

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