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La Magazine de la rédaction : COP 21, oui… Mais après ?*Chloé Martin

Un peu plus d’un mois après la Conférence sur le climat, la COP 21, l’accord pour lutter contre le réchauffement climatique paraît déjà lointain. Accord historique pour les politiques, accord minimaliste pour les écologistes… Retour sur cette COP 21 qui a permis à la France d’être le centre du monde pendant quinze jours.

Crédit image : Reuters/Philippe Wojazer

Qu'est-ce qu'a changé la COP21 ?

« Je ne vois pas d'objection dans la salle, je déclare l'accord de Paris pour le climat adopté ». Ce sont par ces mots que Laurent Fabius, Ministre français des Affaires étrangères et Président de la COP21 (Conférence des Partis), a mis un terme à deux semaines de négociations autour du climat, le 12 décembre dernier. Les 196 délégations présentes parlent toutes d'un succès, six ans après l'échec de la conférence à Copenhague. Ces résolutions seront-elles pourtant applicables par tous ? Est-ce que de vrais changements politiques sont possibles ?

Un accord historique ?

Laurent Fabius, François Hollande, Ban Ki-Moon, Christiana Figueres... ; tous ont affirmé l'historicité de cet accord lors de leur prise de parole en clôture de la 21e Conférence des Parties. Le Secrétaire général de l'ONU a même déclaré qu'il s'agit d' « un succès retentissant pour le multilatéralisme » et félicite l'entrée « dans une nouvelle ère de coopération mondiale au sujet d'une des questions les plus complexes auxquelles l'humanité s'est confrontée ». Et il est vrai qu'aucune autre conférence mondiale n'avait abouti à un tel « accord ambitieux », « contraignant » et « universel », selon les mots du Président François Hollande.

Mais que contient réellement l'Accord de Paris ? Il se forme autour de quatre principaux axes : l'atténuation, un système de transparence, un point sur les pertes et dommages et le soutien financier. L'atténuation est l'un des aspects de l'accord les plus importants. En effet, il vise à réduire durablement les émissions de gaz à effet de serres responsables du réchauffement climatique, afin de limiter la hausse de température à deux degrés Celsius, et ainsi, minimiser les conséquences sur la planète. Ce seuil de deux degrés implique une réduction des émissions de l'ordre de 40 à 70% d'ici à 2050, dans le but qu'elles disparaissent en 2100. Chaque pays devra donc prendre des mesures pour atteindre ces objectifs. Et pour s'assurer de cela, devrait être mis en place un système de transparence permettant un bilan mondial régulier. Toutes les parties devront rendre compte de leurs avancées avec la mise à jour tous les 5 ans des plans nationaux d'action climat. Les pays développés devront quant à eux communiquer des informations qualitatives et quantitatives tous les deux ans. Le troisième point de l'accord concerne le renforcement de la capacité à se remettre des impacts climatiques. Cela touche particulièrement les États insulaires ou présentant de forts risques sur les littoraux, à cause de la montée programmée des eaux. Ce renforcement n'est possible qu'à l'aide de financements, tout comme l'objectif d'atténuation. Ainsi, l'Accord de Paris met en place un système de soutien financier. Les pays dits développés auront pour obligation de contribuer au financement de mesures environnementales prises par les pays pauvres, quand les pays dits en développement pourront y contribuer de manière volontaire.

Comment cet accord pourra-t-il être mis en place ?

L'Accord de Paris a bien été adopté par les 196 parties présentes. Cependant, le 12 décembre ne marque que le début d'un processus de mise en œuvre. En effet, il doit être déposé aux Nations Unies en avril prochain où il sera ouvert aux signatures pour une durée d'un an. Il ne pourra entrer en vigueur que si au moins 55 pays représentant au moins 55% des émissions mondiales le ratifient. Une fois que cette étape sera franchie, l'accord devrait être appliqué à partir de 2018 ou 2020. Ce qui peut paraître être un délai assez long.

Ce que certains reprochent également à cet accord, c'est d'édulcorer, voire supprimer, des mesures comme celles concernant les droits humains ou la tarification carbone. Par ailleurs, aucune sanction juridique n'a été établie dans le cas de non-respect des articles de l'accord, ce qui peut inquiéter certaines associations environnementales. La validité de leur mise en œuvre repose sur les dénonciations mutuelles entre pays, et donc, sur la volonté de maintenir une certaine estime sur ses engagements vis-à-vis des autres nations.

L'application politique de l'accord pris à Paris le 12 décembre dernier peut donc interroger certains. Néanmoins, chacun à son niveau peut contribuer à réduire les émissions de CO2 sans attendre les normes et autres taxes en modifiant son comportement.

Plus qu'un accord politique : une prise de conscience

Oui, la COP21 était avant tout un rassemblement politique. Mais au-delà de cela, l'événement a contribué à éveiller les consciences autour du climat et à mettre en avant des solutions. Plus de 7 000 villes et plus de 5 000 entreprises ont impulsé des actions en lien avec la COP21. Le fait que cela se passe en France a également permis de nombreuses actions dans l'Hexagone, notamment dans les établissements scolaires, où les plus jeunes ont pu être sensibilisés aux conséquences du réchauffement climatique et aux bons comportements à adopter. Chacun a ainsi pu prendre conscience que nous n'avions qu'une planète et qu'il fallait en prendre soin. La transition énergétique et l'écologie s'ancrent de plus en plus dans les esprits. Juste avant que ne s'ouvre la COP, s'est tenue la COY, la Conférence des Jeunes, preuve que cette génération est consciente des limites du modèle de société qui est aujourd’hui proposé et a le désir d'agir pour demain.

Il est encore impossible de prédire les applications réelles de cet accord de Paris qui se révèle pourtant être historique d'un point de vue politique. Quoi qu'il en soit, une véritable prise de conscience a été effectué.

1 commentaire:

  1. très bon article complet! ça fait du bien de parler climat! merci

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