. Modern-Paper, le plus de l'info: L'Édito politique #64 : « C’est pas ma faute à moi »*Théo Moy, chef du service politique

L'Édito politique #64 : « C’est pas ma faute à moi »*Théo Moy, chef du service politique

Toujours, partout, tout le temps, on entend l’éternelle rengaine du « c’est pas ma faute à moi », qui excuse tout, pardonne tout, justifie n’importe quoi. Cette rengaine mine la jeunesse. Si elle ne va pas voter, c’est à cause des politiques. Si elle fume, c’est à cause du stress. Si elle sèche les cours, c’est à cause des profs trop chiants. Si elle ne travaille pas, c’est à cause du chômage parce que chacun sait bien que de toute manière il n’y a de travail pour les jeunes. Le « pas ma faute à moi » c’est aussi un « c’est la faute de l’autre ». Car toute la société semble être liguée contre ce « moi » détesté. Et ce moi n’assume aucun choix, aucune responsabilité, aucune sagesse car il se satisfait dans son malheur auto-infligé. Et parce que pédagogues, professeurs, parents et autres éducateurs usent sans parcimonie du « c’est pas ta faute à toi ». Serions-nous tous nés au mauvais endroit au mauvais moment ? Sommes-nous la génération maudite ?

Je dirais que non car il y a et il restera toujours une place, un emploi et une vie pleine de promesses pour ceux qui reconnaissent leurs erreurs, qui travaillent et qui assument toujours leurs choix. Dans notre société post-industrielle il y a bien une place pour les battants, celle que ceux qui partent battus laissent. Certes, les temps ne sont pas favorables et le plein emploi un souvenir lointain mais si le « moi » cesse de se lamenter sur son triste sort et saisit un livre pour étudier alors il réussira et ce sera grâce à lui.

Et ce jeune cultivé par ses soins qui se doit tout remplacera demain l’homme politique qui l’empêchait de voter et qui lui aussi usait du « Pas ma faute à moi ». Qu’il est facile de mettre la responsabilité du chômage de masse sur le dos du prédécesseur ! Mais ce politique se comporte comme le jeune qui l’accuse, et si ce jeune ne se prend pas en main il deviendra ce politique peureux.
 
Assumons, étudions, gouvernons et plus personne n’aura besoin de fausses bonnes excuses.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire