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L'Édito politique #65 : Notre laïcité*Théo Moy, chef du service politique

« L’Observatoire assiste le gouvernement dans son action visant au respect du principe de laïcité en France. » Voilà le rôle de l’Observatoire de la laïcité, créé en 2013 par François Hollande pour remplacer le haut Conseil à l’Intégration dont les rapports dérangeaient la gauche. Très vite, cet Observatoire a outrepassé ses droits, son président Jean-Louis Bianco passant allégrement d’un rôle de conseil au Premier Ministre à la promotion d’une vision personnelle de la laïcité, laxiste vis-à-vis des branches radicales de l’Islam.

Ainsi, au lendemain des attentats de novembre, Monsieur Bianco signe une tribune dans Libération, tribune dont le texte porte un message honorable mais dont certains signataires ne sont autres que des anti-laïques. A l’image du rappeur Médine qui invite dans « Don’t laik » à « Crucifier les laïcards » ou de membres du CCIF, association militant pour l’abrogation des lois laïques de 2004 et 2010… Nicolas Cadène, rapporteur général de l’Observatoire, quant à lui, attaquait dernièrement Elisabeth Badinter, qui a osé affirmer qu’il ne fallait pas « avoir peur de se faire traiter d’islamophobe » en rappelant les principes de laïcité. Laïcité bien malmenée depuis des années par une certaine gauche qui, la déclarant « ouverte », est prête aux pires compromissions avec l’islamisme des frères musulmans. Fort heureusement, Manuel Valls a récemment dénoncé cette position de J-L Bianco et sa vision « ouverte » de la laïcité.

Dans un contexte de crispation identitaire, la refondation de l’Observatoire de la Laïcité semble absolument nécessaire. Celui-ci doit revenir à sa tache originelle, il a un véritable rôle à jouer dans une France en recomposition. Son travail n’est pas d’œuvrer au « dialogue interreligieux » comme il le faisait jusqu’à maintenant, selon Laurence Marchand-Taillade, mais de réfléchir à l’état de la laïcité française en 2016. Ce principe fondateur de notre république moderne est-il toujours respecté ? Est-il nécessaire de légiférer sur la question du voile à l’université ? Quels liens doivent unir collectivités territoriales et représentants des communautés religieuses ? Le futur président de l’Observatoire de la laïcité ne devrait-il pas éviter de diffuser dans divers médias ses opinions personnelles quant à la laïcité, car cela risquant de discréditer son travail objectif ?

Le premier ministre Manuel Valls doit passer des mots justement dénonciateurs à des décisions qui vont dans le sens d’une meilleure défense de notre laïcité. Mieux cadrée, elle poserait les fondements d’un vivre ensemble républicain bien moins crispé qu’aujourd’hui.

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