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Que retiendra l’Histoire de Christiane Taubira ?*Théo Moy

La démission de la garde des sceaux Christiane Taubira avait été de maintes fois appelée, pressentie, souhaitée… Mais c’est sur un coup d’éclat que celle-ci s’est finalement retirée du gouvernement, et par la grande porte s’il vous plait, à bicyclette qui plus est. Décriée, insultée, la vie de la ministre Taubira n’a pas été de tout repos. Pour la droite, elle fut tout simplement « le pire ministre de la justice de la Vème république ». Et si elle quitte le gouvernement, c’est en raison d’un « désaccord politique majeur » avec le projet de déchéance de la nationalité pour les binationaux, ainsi qu’avec le virage social-libéral engagé avec la nomination d’Emmanuel Macron. Ce départ symbolise donc la fin de la présence de la gauche historique au gouvernement, au profit d’une gauche plus « réaliste » incarnée par Manuel Valls. Quel bilan pour Christiane Taubira ? Décryptage.

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La « Loi Taubira » restera

C’est sans doute la plus grande loi du quinquennat Hollande, et elle a occasionné le plus grand débat de société de ces dernières années. Avant même sa nomination au ministère de la justice, Christiane Taubira avait été choisie pour porter le projet de loi rendant le mariage civil accessible aux couples homosexuels. On retiendra que la pugnacité et la passion qu’engagea la Garde des Sceaux dans la bataille parlementaire lui valurent une grande popularité et une certaine fidélité à gauche. Mais on retiendra aussi la levée de boucliers d’une importante partie de la population, majoritairement catholique, qui manifesta son opposition forte au projet de loi. Les manifestations de La Manif Pour Tous réunissant des centaines des milliers de personnes, le débat sur le « mariage gay » fractura l’opinion publique durant de longs mois. Seule victoire pour les « antis », la Procréation Médicalement Assistée n’a pas été ouverte aux couples lesbiens.


Un certain immobilisme, une ministre controversée

Outre la suppression des peines planchers, très décriée par les syndicats de police, et une tentative de rendre la justice plus indépendante, Christiane Taubira n’a pas engagé de véritable réforme pénale et n’a résolu aucune des graves problématiques qui secouent l’univers pénitencier. Alors qu’elle y tenait particulièrement, la Garde des Sceaux n’a pu mener à bien son projet de refondation de la justice des mineurs, vers plus de pédagogie et moins de sévérité.

L’opposition n’a pas été tendre avec elle, les accusations de « laxisme » n’ont cessé de fuser, certaines personnalités n’hésitant pas à désigner la ministre comme responsable des attentats qui ont touché la France en 2015. Mais une opposition d’un tout autre ordre, qui n’a rien de politique, a aussi affecté Christiane Taubira. Une extrême droite des plus intégristes a proféré et même scandé contre la ministre des injures racistes qui ont beaucoup ému, notamment à l’occasion des débats sur le mariage gay.

Etrange tout de même que cette ministre qui s’opposa tant aux projets portés par son propre gouvernement. De maintes fois le premier ministre et le président même durent la rappeler à l’ordre… Incarnant une « gauche des valeurs », plus frondeuse que Valls-compatible, ses jours étaient comptés. Et maintenant ? Christiane Taubira va-t-elle prendre la tête de la fronde ? Porter le projet d’une primaire en 2016 ? Ce qui est sûr c’est qu’à la gauche de la gauche les #Taubira2017 remportent un grand succès.

1 commentaire:

  1. Mais aussi la loi qui reconnaît l'esclavage comme un crime contre l'humanité, même si ça date de bien avant qu'elle devienne Garde des Sceaux ! :)

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