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Un nouveau défi périlleux pour Zidane*Romain Harent

C’était un secret de polichinelle. Les médias, notamment espagnols, l’avaient annoncé quelques heures avant l’officialisation. L’entraîneur du Real Madrid Rafael Benitez a été limogé par son président Florentino Perez et remplacé par Zinedine Zidane. Malgré les déclarations du boss madrilène, qui affirmait il y a trois semaines que Benitez était « la solution » aux problèmes rencontrés par le Real, la pression populaire et médiatique, conjuguée aux récentes contre-performances de son équipe, a conduit Perez à prendre cette décision difficile mais nécessaire. C’est donc Zidane, qui coachait jusqu’alors la réserve du club madrilène, qui va prendre en main la destinée du Real, et devient par la même occasion le premier entraîneur français de club de la capitale espagnole.

Crédit image : Gérard Julien/AFP

Depuis que notre Zizou national avait passé ses diplômes d’entraîneur et intégré le board du club, tous s’accordaient à dire que sa destinée était de prendre en main l’équipe première de la Casa blanca. Cadre adulé de l’équipe entre 2001 à 2006, puis conseiller du président Perez, adjoint de Carlo Ancelotti et enfin entraîneur de l’équipe réserve, Zidane connaît parfaitement la maison merengue et profite de l’admiration et du respect que Perez lui voue. L’exigent public du stade Santiago Bernabeu voit également en ZZ une véritable icône et son aura n’a que peu d’égal au sein du club.

Une expérience quasi-nulle

Mais voilà, Zidane a été propulsé numéro 1 du « plus grand club du monde » alors que son expérience d’entraîneur ne se résume qu’à une année et demi avec la réserve du Real. Un CV bien maigre lorsque l’on connaît les exigences et la pression qui entourent le Real Madrid. A titre de comparaison, les trois derniers entraîneurs du Real Madrid (Rafael Benitez, Carlo Ancelotti, José Mourinho) disposaient déjà une expérience d’au moins dix ans sur un banc de touche et avaient tous gagné au moins une Ligue des Champions. Zidane a donc tout à prouver en tant que coach, qu’il s’agisse des aspects tactiques, de ses capacités à gérer un vestiaire composé de stars aux égos surdimensionnés, et de sa communication quotidienne avec les médias.

Son inexpérience entraîne d’ailleurs un certain scepticisme de la part de nombreux observateurs. 56% des lecteurs de Marca, l’un des principaux quotidiens sportifs madrilènes, ne sont pas convaincus par la « promotion » de Zidane. L’ancien entraîneur du Bayern Munich Ottmar Hitzfield, entraîneur de renom sur la scène européenne, a déclaré que le choix de Perez d’avoir nommé l’ancien numéro 10 des Bleus a ce poste était une « folie ». D’anciens coachs de Zidane, comme Roland Courbis, ont également déclaré que Zidane, lorsqu’il était joueur, ne leur semblait pas prédisposé de façon évidente à exercer le métier de coach, au contraire d’un Didier Deschamps par exemple. Zidane lui-même avait d’ailleurs affirmé il y a quelques temps qu’il était pour lui « trop tôt » et qu’il « ne se sentait pas prêt » à prendre les rênes du Real et qu’il devait faire ses preuves avant.


Qu’importe, Zizou possède maintenant le poste d’entraîneur le plus convoité au monde et seuls ses résultats et les titres remportés avec son équipe feront office de juge de paix. Lors de sa première conférence de presse, le natif de la Castellane a d’ores et déjà affirmé ses principes : pratique d’un jeu offensif et management inspiré de celui d’Ancelotti, c’est-à-dire un entraîneur à l’écoute de son vestiaire et qui évite les sorties tempétueuses. Il amènera avec lui trois ou quatre personnes avec qui il travaillait à la Castilla, la réserve du Real.

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