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Décryptage : François Hollande répond aux questions de TF1 et France 2*Valentine Ravez

Jeudi 11 février, le Président de la République répondait aux questions de Gilles Bouleau et David Pujadas. L'occasion pour lui de revenir sur le remaniement qui a eu lieu quelques heures plus tôt.

Crédit image : Stéphane De Sakutin / AFP


« Je ne fais pas de calcul politique, je suis chargé de protéger les français »

Pendant un peu plus de trente minutes devant 9,8 millions de téléspectateurs, François Hollande a répondu aux questions de TF1 et France 2. Il avait annoncé jeudi après-midi un remaniement ministériel avec notamment le retour de Jean-Marc Ayrault et de figures de Europe Ecologie Les Verts au gouvernement (Jean-Vincent Placé et Emmanuelle Cosse entre autres). A 20h, le chef de l’État a justifié son choix en évoquant un nouvel exécutif qui doit agir, réformer et avancer. Le nouveau gouvernement aura 3 priorités : protéger les français, relancer l'emploi et accompagner l'accord de la COP 21 sur la transition écologique (d'où le retour de EELV) Il dit aussi ne pas avoir songé à changer de premier ministre car la ligne reste inchangée dans un soucis de cohérence bien que pas toujours populaire.

Il a commencé son intervention par évoquer les accidents de cars de ces derniers jours qu'il a qualifié de «drames terribles»et dont il veut tirer des leçons en matière de sécurité routière.

Le président s'est aussi expliqué sur le dossier brûlant de l'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, selon lui c'est un dossier parfaitement traité mais qui connaît des blocages dus notamment aux divergences d'opinions. Il a ainsi annoncé la tenue d'un referendum local d'ici octobre et il s'engage à respecter le résultat de celui-ci.

Des réformes économiques à venir, une flexisécurité à la française

En ce qui concerne l'économie, pour les 14 mois qu'il reste à son mandat, le chef de l’État veut des réformes et des décisions. Il espère encore une inversion de la courbe du chômage d'ici 2017. Son gouvernement présentera prochainement une réforme du marché du travail basée sur la souplesse et la sécurité des salariés. En ce qui concerne la souplesse, il veut instaurer des referendums d'entreprises dont l'organisation sera confiée aux syndicats. Pour la sécurité des salariés, il préconise la création de «comptes personnalisés d'activité»pour l'épargne et la retraite. En matière de chômage, le président de la République annonce 500 000 formations supplémentaires pour préparer les travailleurs aux métiers d'avenir. Les deux journalistes rappelant que ses réformes antérieures ont été très critiquées, François Hollande dément « la Loi Macron a été saluée ». Pour commenter son bilan il dit que « le pays avance mais pas aussi vite que je le voudrais »

Quant à l'Agriculture, le président rappelle toute sa confiance à Stéphane Le Foll, le ministre travaille sur une baisse des charges qui sera annoncée aux alentours du 17 février. Des débats sont en cours à Bruxelles, le chef de l’État souhaite un plan européen de stockage et supprimer l'embargo russe qui paralyse les exportations. Il souhaite également un choc de simplification des normes mais ce n'est pas simple car il faut avant tout protéger les consommateurs.

Une crise de légitimité de l'exécutif

Interrogé sur l'autorité de son exécutif, François Hollande respecte les positions de ses différents ministres et ne juge pas les opinions (sur la déchéance de nationalité notamment), sur Emmanuel Macron il a déclaré «il a son tempérament, ce n'est pas un personnage politique classique» selon lui Macron assure la solidarité du gouvernement.

A propos de la révision constitutionnelle, il justifie sa volonté d'inscription de la déchéance de la nationalité dans la constitution par la pression mise par les différentes familles politiques qu'il avait rencontré après les attentats du 13 novembre, ils l'auraient poussé à prendre des décisions.Les journalistes lui ont rappelé qu'il avait toujours été opposé à cette déchéance, François Hollande a rappelé que le contexte était différent et qu'il irait jusqu'au bout de la réforme. Rien n'était indiqué sur l'état d'urgence dans la constitution, il a voulu changer cela.La France a besoin de garanties « tuer des français est un acte de rupture» a t-il déclaré. Le chef de l’État promet également une réforme de la procédure pénale pour lutter contre le terrorisme. En matière de terrorisme justement, interrogé sur Bachar Al-Assad, le président de la République veut toujours que celui-ci quitte le pouvoir et que les russes quittent leurs positions.

Et les présidentielles de 2017 ? François Hollande assure qu'il n'y pense pas, il ne veut pas rentrer dans le débat des primaires. Il se place au dessus des partis. Le chef de l'État a annoncé qu'il prendra sa décision au moment venu, il ne compte pas faire campagne 14 mois avant l'échéance. Quant à la nomination prochaine de Laurent Fabius au Conseil Constitutionnel, Hollande pense avoir fait le bon choix après le travail de celui-ci au ministère des affaires étrangères.

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