. Modern-Paper, le plus de l'info: L'Édito politique #66 : Un nouveau conservatisme*Théo Moy, chef du service politique

L'Édito politique #66 : Un nouveau conservatisme*Théo Moy, chef du service politique

« De génération en génération », voilà une bien belle expression, qui décrit une pratique, une coutume ou un objet qui traverse le temps, nullement inquiété par ses sursauts et ses évolutions. Dans un monde changeant, en développement, sans cesse bouleversé, guidé par les découvertes scientifiques et techniques, on peut s’interroger sur ce que l’homme peut ou doit encore se transmettre de génération en génération. Ce qu’il doit préserver, conserver, protéger. Il n’est nullement ici question d’un conservatisme égoïste, qui viserait à sauvegarder une hiérarchie sociétale fondée sur l’asservissement d’individus à d’autres. Cependant, il est difficile de ne voir en notre monde moderne que des sources de bonheur et des avantages. Il est de moins en moins aisé de s’extasier devant un progrès illimité, car ses travers apparaissent sans que l’on puisse les dénier.

Comment se satisfaire d’un paradigme technologique qui détruit l’environnement que nous habitons ? Ne devrions-nous pas mettre en place un conservatisme environnemental ? Ces questions brulantes d’actualité s’imposent à nous alors même que « conservateur » est devenu une insulte. Le conservateur serait l’ennemi de son temps, le réactionnaire un infréquentable vouant un culte à un passé fantasmé. Mais si la terre est véritablement menacée par l’homme, et ceux qui en doutent se font de plus en plus rare, quel progrès pourrait nous extirper de ce danger ? N’est-ce pas la protection, la conservation par un retour en arrière, vers un temps ou la quête du profit ne justifiait pas tout, qui pourrait sauver la planète ?

L’homme post-moderne vit au jour le jour. Il oublie ses morts qui ont tant fait pour lui et ne pense pas à son prochain et à l’environnement dans lequel il sera contraint d’évoluer. Lorsqu’il reconnait ses erreurs et s’engage, c’est arrivé lors de la COP 21, il oublie bien vite ses promesses. Un nouveau conservatisme doit nous habiter, et c’est une idée extrêmement moderne. Car nul dans l’histoire n’a encore fait le pari de ralentir son évolution pour protéger la maison commune, son voisin et les enfants de ses enfants.

1 commentaire: