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L'Édito politique #69 : Osons l’assimilation*Théo Moy, chef du service politique

Assimilation. Le mot fait peur, il inquiète, perturbe, semble rappeler un passé colonial et même évoquer un certain racisme. Pour certains, il n’est plus d’usage et il faudrait lui préférer le terme d’intégration. Nos pays européens connaissent aujourd’hui une importante, bien qu’inégale, vague migratoire, et la question qui y est prégnante est celle de la possibilité d’un bon accueil de nos nouveaux voisins. Outre les mesures d’accueil d’urgence qui s’imposent, il faut voir à long terme quelle place ceux qui se destinent à demeurer dans nos pays vont prendre dans nos sociétés. Alors, intégration ou assimilation ?

Pour Laetitia Van Eeckhout, journaliste au Monde citée par Médiapart, « L’assimilation se définit comme la pleine adhésion par les immigrés aux normes de la société d’accueil» L’intégration, quant à elle, est plus floue car si elle signifie l’introduction de l’étranger dans notre société, elle lui concède la conservation pleine et entière de son identité originelle. Or, il y a entre les cultures européennes et arabes au moins un peu d’inconciliable. L’écrivain Kamel Daoud détaillait dans un passionnant article récemment publié dans Le Monde quelle idée de la femme portait le monde musulman, et en quoi celle-ci différait de celle de l’Occident moderne, en témoignent les incidents de Cologne.

Ainsi, c’est bien dans l’assimilation que nous pourrons intégrer pleinement à nos sociétés les nouveaux arrivants qui le souhaitent. Mais ceux-ci ne sont pas les seuls concernés, le processus d’intégration étant un échec depuis des décennies maintenant sur notre territoire. Aujourd’hui, une partie des descendants d’immigrés ne se sent nullement français. On peut même considérer que la victoire de François Hollande en 2012 est le symbole de l’échec de l’intégration… En effet, au soir du 6 mai 2012, on pouvait voir des drapeaux algériens être brandis Place de la Nation. Et lorsqu’en 2005 la jeunesse des banlieues sort se confronter aux forces de l’ordre ou lorsqu’au lendemain des attentats de janvier 2015, une partie des banlieusards ne se sent nullement Charlie, le message est le même. Certains Français n’adhèrent pas aux valeurs fondamentales de leur pays, bien qu’ils soient passés par l’école républicaine.

Il s’agit donc en promouvant l’assimilation de défendre un modèle de société. Une société au sein de laquelle les individus, forts de leur héritage et porteurs d’histoires différentes, se retrouvent autour d’un corpus de valeurs et de traditions communes qui seules peuvent les unir. Ce n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui et nous pouvons trouver dans cette situation une partie des causes des graves problèmes que nous rencontrons.

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