. Modern-Paper, le plus de l'info: L'Édito politique #70 : Vous avez dit république ?*Théo Moy, chef du service politique

L'Édito politique #70 : Vous avez dit république ?*Théo Moy, chef du service politique

La res publica comme chose publique, chose qui intéresse l’Etat, qui intéresse le public, contient intrinsèquement l’idée d’un objectif ultime, le bien commun. La république est en puissance un régime au sein duquel le bien commun prédomine. Ou en tout cas il l’est ainsi en théorie, dans l’idée. Car rarement ou jamais le bien commun fut uniquement recherché par les gouvernants. D’où l’émergence et le succès de nouveaux corps intermédiaires et de grands mouvements populaires indépendants des partis. Car dès lors que le gouvernant n’œuvre plus pour l’intérêt commun mais pour son propre bien, alors les individus se voient contraints d’agir eux même plus que par le simple devoir citoyen. Et paradoxalement, en s’investissant dans des corps intermédiaires pour pallier à un manque d’Etat, ils abandonnent leurs devoirs de citoyens en n’allant plus voter. Du coup, les gouvernants qui déjà n’œuvraient plus pour le bien commun le font peu à peu encore moins car ils tiennent leur légitimité d’un nombre décroissant de votants, d’une minorité ! En bref, l’égocentrisme, l’individualisme et la perte de confiance entre les acteurs composant habituellement une société démocratique sont en train de détruire cette démocratie, et l’Etat est en délitement. Nous le comprenons bien c’est un cercle vicieux car toute solution venant des corps intermédiaires risque de déliter encore plus l’Etat, puisque ces corps intermédiaires le remplaceraient.

De plus ces associations, ces mouvements sont non gouvernementaux, ils ne sont élus par personne et ne servent les intérêts que de ceux qui y adhèrent. Le risque alors c’est qu’une partie des pouvoirs de l’Etat passe entre les mains de corps intermédiaires, et cela serait la fin de la démocratie, et peut être le début de la dictature. La seule porte de sortie alors ce serait une réforme émergeant de la classe politique, ou d’une classe politique renouvelée, qui, par un côté révolutionnaire attirerait massivement aux urnes. Ainsi, la révolution serait citoyenne et gouvernementale donc ancrée dans l’idée d’un bien commun. Il s’agit donc maintenant de trouver la porte de sortie. Pour cela, il ne faut rien rejeter. Dans un discours bien connu, Charles de Gaulle rappelait : « Des Grecs, jadis, demandaient au sage Solon : Quelle est la meilleure Constitution ? Il répondait : Dites-moi, d'abord, pour quel peuple et à quelle époque ? ». Certains appellent de leurs vœux une sixième République, d’autres, un peu surprenamment mais non sans réflexion, un retour à la monarchie, garante d’une grande stabilité… Quoi qu’il en soit il convient de reconnaitre que nous sommes à l’aube de nouvelles révolutions et que notre système politique, si ses traditions sont conservables, son fonctionnement est dépassé.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire