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L'Édito politique #71 : Un défi pour le président*Théo Moy, chef du service politique

Secoué au salon de l’agriculture par des producteurs justement remontés, le président Hollande devrait s’accorder sur un constat et sur une éventuelle porte de sortie de crise. Le constat le voici ; nos paysans se meurent, eux-mêmes le disent. En cause, une concurrence exacerbée qui réduit les prix jusqu’à ne plus assurer aux éleveurs de quoi vivre et une grande distribution vorace dont les marges sont immorales. Quand bien même une chaine de supermarchés à l’image d’Intermarché voudrait augmenter le prix auquel elle achète le kilo de viande, elle se retrouverait en délicatesse avec Bruxelles. En effet, au sein de l’Union Européenne, cela pourrait être considéré comme de la concurrence déloyale. Mais malgré tout il est entendu que l’on ne peut laisser les éleveurs mourir et qu’il faut donc changer ce système qui les pénalise tant. Cela doit se faire sur deux tableaux. En premier lieu, il faut obtenir des garanties de la part de la grande distribution pour qu’elle accepte de diminuer ses marges et de payer le kilo de viande à un prix décent. Ensuite, il faut entrer en négociation avec Bruxelles qui, nous l’avons vu, risque de s’opposer à toute mesure visant à favoriser les éleveurs français. On a vu récemment l’Angleterre renégocier les fondamentaux de l’appartenance d’un pays à l’union et l’on ne pourrait pas faire en sorte de pouvoir favoriser nos agriculteurs ? Ce serait bien surprenant, il semble qu’il y ait surtout à ce propos un manque d’engagement de la part de nos politiques. Il y a pourtant urgence, surtout que l’on ne parle pas d’une filière quelconque mais d’une branche très symbolique, qui fait partie de la culture et de l’héritage de la France et qu’ainsi il faut absolument protéger. Les Français sont prêts à cela et soutiennent très majoritairement les éleveurs dans leur combat, il ne reste plus qu’aux responsables d’agir. François Hollande, en rupture avec une bonne partie de la population et notamment des militants de gauche qui lui préfèrent une Martine Aubry, pourrait bien en résolvant cette crise redorer son blason…

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