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Attentats Bruxelles : Bilan et analyse*Théo Moy

Mardi 22 mars, deux attentats ont touché la capitale belge. Ils ont fait au moins trente-quatre morts et ont été revendiqués par Daesh. Le premier s'est produit peu avant 8h à l'aéroport international de Bruxelles. Dans le hall des départs, retentissent soudainement des cris en arabe, des coups de feu puis deux explosions. Le plafond s'effondre partiellement, certains civils ont les jambes arrachées par des bombes apparement placées au ras du sol. C'est la panique, des milliers de voyageurs sortent hagards de ce qui ressemble davantage à une zone de guerre qu'à un aéroport européen. Quelques instants auparavant, trois hommes ont été photographiés dans l'aéroport, poussant chacun un chariot contenant une valise. Deux d'entre eux ont fait exploser leur bombe et, comme kamikazes, sont morts avec. Un troisième individu est en fuite, un avis de recherche a été lancé contre lui hier peu avant 18h. Ce dernier poussait un charriot contenant une troisième bombe. Celle-ci n'a pas explosé et a été mise hors d'état de nuire en début d'après midi.



Dans une stratégie qui nous est maintenant familière, les terroristes ont doublé l'attaque de l'aéroport d'un second attentat. Hier, à 9h11, une déflagration retentit dans une rame de métro du quartier politique de la ville, où sont notamment situées les institutions européennes. C'est un "carnage" confie un témoin, carnage qui a fait pas loin d'une vingtaine de morts. Jamais la Belgique n'a connu une telle attaque et, bien sûr, le choc est pour elle très violent. C'est donc un attentat suicide multiple qui a touché Bruxelles, capitale du pays qui vient d'arrêter Salah Abdeslam. Mais lorsqu'un aéroport international et le quartier des institutions européennes sont visés, ce n'est évidemment pas que la Belgique qui est attaquée, mais avec elle tous les pays occidentaux, les "croisés", qui luttent contre Daesh.

La joie de l'arrestation de Salah Abdeslam il y a quelques jours aura vite été atténuée, la Belgique paye comme la France l'a payé en novembre son engagement contre Daesh. Le lien entre les attentats de novembre dernier à Paris et ceux de ce jour n'est pas encore formellement établi. Cependant, Nicolas Hénin indiquait hier soir sur BFM-TV que l'arrestation de Salah Abdeslam avait probablement rapproché la date de ces attentats.

Bruxelles est également la ville dont la banlieue s'est fait connaitre comme avant-poste jihadiste en Europe. De la tristement célèbre Moleenbek sont partis les auteurs des attentats du 13 novembre. Alors que certains pointaient déjà la passivité d'élus face à la montée du communautarisme voir même le manque d'efficacité des services, ces critiques ne devraient pas tarir dans les prochains jours.

"Nous sommes en guerre, nous subissons des actes de guerre". Par ces mots prononcés hier, Manuel Valls a peut être reconnu que dans le contexte de lutte contre l'État Islamique, nous subissons et subirons encore longtemps des attaques sur nos territoires. Reste à savoir ce qui nous permettra de les éviter au mieux. Pour beaucoup, il serait temps de coordonner encore plus intensément les services entre États et les débats à propos du fameux PNR sont relancés

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