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L'Édito International #5 : L'état des lieux en Syrie*Maxime Verdin, chef du service international

Le 21 février dernier, la Syrie a une fois de plus été touchée par Daesh. C’est Homs, la troisième ville du pays, qui a été frappée par cet attentat, qui a fait 120 morts ; dans le pays entier, on a compté 60 morts supplémentaires, victimes de l’EI, dans la même journée. En Syrie, c’est l’attentat le plus meurtrier depuis 2011. La zone touchée se situe à 400 mètres du mausolée de Sayeda Zeinab, une petite-fille du prophète Mahomet, vénérée par les chiites, qui sont apparemment visés dans cette attaque. Mais Daesh a également voulu faire passer un message aux Occidentaux : celui de leur puissance persistance malgré les frappes subies. La puissance de cette série d’attentats témoigne d’un affaiblissement certains des rebelles dans le Nord de la Syrie, ces dernies étant fortement diminués par les forces combinées de l’armée syrienne et des interventions russes, Poutine soutenant Bachar El-Assad.

Un accord enfin trouvé...

Malgré ce bilan bien négatif, un accord semblait déjà avoir été trouvé ce même dimanche 21 février. Là, John Kerry parlait de son échange avec Sergueï Lavrov, son homologue russe : « Nous sommes parvenus à un accord provisoire en principe sur les termes d'une cessation des hostilités qui pourrait commencer dans les jours qui viennent ». Finalement, à la suite de son entrée en vigueur dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 février, et pour la première fois depuis quelques années de guerre, aucun coup de feu n’a été entendu dans l’ouest de la Syrie.

…à moitié utile, et respecté à moitié

A l’heure actuelle, aucun écart n’est à signaler, mais la France craint une violation du cessez-le-feu. Jean-Marc Ayrault a par exemple affirmé avoir obtenu des informations selon lesquelles des zones rebelles auraient été attaquées par voie aérienne. John Earnest, le porte-parole de Barack Obama, dit savoir qu’il y a selon certaines informations des violations, mais indique qu’il est encore trop tôt pour savoir qui exactement a violé ses engagements. Les rebelles syriens, quant à eux, n’ont pas de doute sur cette identité. Dès samedi, la trêve aurait selon eux été violée quinze fois, déjà, par Damas et ses alliés. En Arabie Saoudite, le ministre des Affaires Etrangères Adel Al-Joubeir a affirmé qu’il y avait eu « des violations de la trêve de la part de l’aviation russe et de l’aviation du régime syrien ».

Les Russes ne cessent d’indiquer que leurs cibles sont l’EI et le Front Al-Nosra – ce qui dans les faits peut difficilement être jugé. En effet, l’accord russo-américain concerne les zones de combat entre Damas et les rebelles, mais exclut l’EI et le Front Al-Nosra, alors que ceux-ci contrôlent 50% du territoire.

Ainsi, malgré la lueur d’espoir du cessez-le-feu, les résultats factuels ne semblent pas à la hauteur des ambitions. Premièrement, l’accord ne s’attaque qu’à une infime partie du problème syrien ; et conséquemment de ce phénomène, son respect est affaibli, sans que l’on puisse pour l’instant clamer ouvertement l’identité du déviant.

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