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L'Édito politique #73 : La gauche du réel*Théo Moy, chef du service politique

Il régnait ces derniers mois sur la France, et notamment sur la gauche, une atmosphère des plus délétères. Citons, dans ce sens, deux exemples marquants. Céline Pina, conseillère régionale de l'Île-de-France, dénonçait en septembre dernier dans un furieux communiqué de presse la passivité des politiques alors qu’un salon consacré à la femme musulmane se déroulait en banlieue parisienne, en présence des plus intégristes des imams. Celle-ci fut tout simplement menacée d’exclusion de son propre parti. Sa faute ? Défendre une certaine idée de la République et l’égalité des femmes et des hommes. Quelques semaines plus tard, c’est à Amine EL Khatmi, élu socialiste à Avignon, de se retrouver sous le feu des « critiques » pour avoir jugé affligeante l‘attaque verbale de Wia Berhouma envers Alain Finkilekraut, dans l’émission Des Paroles et Des Actes. Plutôt que des critiques, c’est en réalité un torrent de haine qui s’est déversé sur le jeune élu, qui fut notablement qualifié de « collabeur » sur Twitter… Ce qui transparait dans ces affaires c’est bien la faiblesse de certains de nos représentants face à des remises en cause de ce qui est le fondement même de notre culture commune, nos valeurs et nos principes. Mais l’on ressent également, et de manière plus inquiétante encore, une hostilité si ce n’est une haine de certains à l’égard de la République. Ces identitaires, qu’ils se réclament de la France éternelle ou qu’ils l’exècrent, sont un danger similaire.

Il n’en fallait pas plus pour que la gauche (celle qui est républicaine avant d’être de gauche) se réunisse, d’abord entre deux posts facebookiens puis plus formellement, et lance un mouvement. Ce sera le « Printemps Républicain », et son édifiant manifeste est signé par nos deux élus, la philosophe Elisabeth Badinter, l’universitaire Laurent Bouvet ou encore le professeur des collèges Iannis Roder. Ceux-là font cause commune dans une même aspiration transpartisane. Dans quel(s) but(s) ? La défense de la République, de la laïcité et de l’égalité de tous et l’opposition sans ambiguïtés aux montées conjointes de l’islamisme politique et de l’extrême droite. Voilà un programme qui ne peut que convenir à tout républicain digne de ce nom !

Il est réconfortant pour nous autres, jeunes engagés de tout bord, de voir qu’il reste une autre gauche que celle du déni, et un autre avenir que celui d’une France « Bleu Marine », si ce n’est pire. Alors, il ne nous reste plus qu’à signer le manifeste. Et qu’on se le dise, la République n’a pas dit son dernier mot…

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