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L'Édito politique #74 : Des mots, des maux, et une solution*Théo Moy, chef du service politique

Migrant, immigré, réfugié, étranger, syrien, arabe, musulman… les mots s’agglutinent, s’échangent, se contredisent, le complexe devient un, on est pour ou contre alors qu’il faudrait être clair… L’immigration actuelle est simplifiée au possible par le camp du rejet de l’étranger comme par le camp de l’amour de l’autre. Alors que le constat, que peu finalement font, est simple. Les solutions, elles, bien plus complexes.

En Syrie, pays en guerre, des populations sont massacrées, par le régime de Bachar Al Assad d’un côté et par le proto-Etat islamique de l’autre. Des milliers de syriens sont contraints à la fuite. Leur exil se fait dans le malheur, la tristesse ; leur seul désir est de rentrer chez eux. Ceux-là sont sur notre territoire des réfugiés. La plupart d’entre eux ne veulent pas s’installer chez nous mais souhaitent ardemment retrouver leur patrie, leur logement, ou ce qu’il en reste, et reprendre le travail qu’ils ont du abandonner. La situation les en empêche mais il est clair qu’ils n’ont pas vocation à s’installer durablement en France ou dans un autre pays européen. Face au réfugié, nous devons être humains, dépenser ce que nous pouvons pour rendre son refuge moins difficile, le protéger.

Dans de multiples pays d’Afrique et du Moyen Orient, des individus, insatisfaits de leur condition de vie économique et sociale, souvent des plus miséreuses, et vouant un culte au monde occidental de l’abondance, veulent émigrer vers nos pays. On ne parle plus ici de populations contraintes à quitter leur sol mais de femmes et d’hommes qui font le choix de l’émigration. Face à ce flux des migrants économiques qu’il faut impérativement différencier de celui des réfugiés, nous ne pouvons adopter la même politique. Car ces populations-là ont vocation à terme à s‘installer pour des générations sur notre sol et à adopter notre nationalité. En France, la République va donc devoir les assimiler, pour qu’ils s’intègrent à la communauté nationale, la seule souhaitable, et que la vie commune se déroule sainement.

Or, depuis des décennies, l’assimilation que l’on a remplacée par l’intégration puis par le multiculturalisme, est un échec patent. Aujourd’hui, la France est divisée sur tous les plans, économiques comme culturels, et le communautarisme menace chaque jour un « vivre ensemble ». Alors, comment peut-on accueillir de nouveaux étrangers lorsque de nombreux enfants et petits enfants d’immigrés n’ont de français que la carte d’identité ? Comment peut-on clamer la nécessité morale de l’accueil de tous lorsque l’on n’assure pas, si j’ose dire, le service après-vente ? Peut-on sincèrement encore, au nom du multiculturalisme, accepter n’importe quel arrangement avec nos valeurs de laïcité et d’égalité, quand bien même on connait les ravages de cette idéologie aux Etats Unis ?

Si l’on veut encore pouvoir se prétendre terre d’accueil et patrie des droits de l’homme, alors il faut corriger les fautes de nos élus des trente dernières années, refonder le pacte républicain, surement par l’action de nouveaux « hussards noirs », et n’accepter aucune remise en cause de ce qui fait notre commun.

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