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L'Édito politique #78 : Déni scolaire et absentéisme*Théo Moy, chef du service politique

Ces dernières années, il est fréquent d’entendre dans les médias des parents d’élèves pester contre l’Education Nationale. En cause, le non-remplacement durant des semaines d’enseignants ou de professeurs. Depuis la rentrée 2015, la situation serait particulièrement alarmante, ce qui pousse La Fédération des Conseils de Parents d’Élèves (FCPE) à mener, jeudi 21 avril, une « journée d’action contre les non-remplacements d’enseignants », nous rapporte Le Monde. Alors que le ministère devrait prendre des mesures pour améliorer le taux de professeurs remplacés, il est plutôt, et ce n’est pas nouveau, dans une sorte de déni qui le pousse à minimiser l’absentéisme professoral. Alors que celui-ci est le signe évident de sérieux problèmes au sein des collèges et des lycées, notamment.

Le « burn-out » est un phénomène grandissant chez les professeurs, en particulier chez les plus jeunes d’entre eux. Formés à instruire et non à réprimer et punir, ils se heurtent, envoyés dans les établissements les plus difficiles, à une violence qu’ils ne soupçonnaient sans doute pas. Et c’est encore pire lorsque ce sont des stagiaires que l’on affecte dans des établissements pourtant connus pour être difficiles. Ainsi, cette année, les collègues d’un professeur stagiaire qui se suicida après qu’il eut été harcelé par ses jeunes élèves, publièrent une lettre ouverte rageuse, dont voici un extrait. L'équipe enseignante avait pourtant demandé au Rectorat, en juin dernier, de ne plus affecter de stagiaires dans notre collège. Personne ne peut ignorer les conditions difficiles dans lesquelles nous exerçons notre métier : insultes, incivilités, coups portés sur les adultes, dégradations des locaux, déclenchements incessants de l'alarme incendie, violence dans la cour, en classe ou devant le collège, harcèlements conduisant certains élèves à des absences répétées voire à des départs de notre établissement. Il se tient dans le collège plus de 15 conseils de discipline par an, et tout autant ne sont pas tenus pour faire baisser les chiffres... Il faut regarder les choses en face.

Ce refus de regarder les choses en face semble être une constante dans la hiérarchie scolaire, chez ces technocrates idéologues qui pondent les programmes dont la novlangue égale en absurdité le contenu. La fracture entre les enseignants et leur hiérarchie est bien celle du réel. L’absentéisme grandissant des professeurs est bien le résultat des difficultés soulignées depuis longtemps comme dans le livre paru en 2005 Les territoires perdus de la République. Leur non-remplacement est une ingérence de leur hiérarchie. Et ceux qui en pâtissent sont les élèves les plus défavorisés. Alors que dans le privé, le remplacement est bien souvent systématique, même pour des absences d’une semaine, c’est dans le public qu’il est parfois défaillant. Et cela mène à la formation d’un cercle vicieux puisque les parents d’enfants de CM2, entendant que le collège public de leur quartier est marqué par l’abstentionnisme et le non-remplacement professoral, enverront s’ils en ont les moyens, leur fille ou leur fils dans le privé. Demeurent dans les établissements difficiles les élèves les moins favorisés. C’est ainsi que tout en critiquant le manque de mixité, l’Education Nationale provoque le séparatisme.

1 commentaire:

  1. Que de conclusions hâtives, et peu de raisonnement !
    Ça serait pas mal de vraiment bosser le sujet, avec des chiffres, des sources, et pas un lieu commun qu'on entend dans la plupart des médias.

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