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Marwen Belkaïd face à François Hollande dans "Dialogues Citoyens" répond aux questions de Modern-Paper

Etudiant en école de commerce, Marwen Belkaïd a participé à l'émission Dialogues Citoyens diffusée sur France 2 jeudi 14 avril. Face à François Hollande, il a eu l'occasion de débattre sur la jeunesse. Il répond aux questions de Modern-Paper.

Marwen Belkaïd à gauche, face à François Hollande sur France 2

Modern-Paper : Vous étiez face à François Hollande pour un échange de quelques minutes sur le thème de la jeunesse. Quels sont vos ressentis après ce dialogue avec le Président de la République ?

Marwen Belkaïd : Avant tout je pense avoir eu une opportunité unique dans une vie. Toutefois, je ressens un peu de frustration parce que je n’ai pas le sentiment que François Hollande ait répondu à mes questions et que l’échange a dû s’arrêter alors que cela devenait intéressant. J’ai surtout senti un grand décalage entre lui et les quatre français invités. Il a adopté une posture très technocratique en égrenant ses mesures et les chiffres tout en disant que la France allait mieux. Si les indicateurs (croissance, déficit) semblent se porter un peu mieux, la question à laquelle il n’a, à mon sens, pas répondu, c’est si les Français allaient mieux.

« La jeunesse n’est jamais satisfaite, elle a raison de ne pas l’être ». C’est ce qu’a déclaré François Hollande jeudi soir sur France 2. Pourquoi la jeunesse n’est pas satisfaite ? Elle ne l’est pas depuis le projet de Loi Travail ?

Je pense que c’est plus compliqué que cela. La Loi Travail a été la goutte qui a fait débordé un vase déjà bien plein selon moi. La jeunesse n’est pas satisfaite parce que le discours politique est anxiogène à mon sens : rigueur, austérité, économisme. Le résultat c’est qu’il n’y a plus de discours d’avenir, d’espérance si bien que beaucoup de jeunes quittent la France alors qu’elle a des atouts formidables. Ce qui s’exprime c’est, toujours selon moi, le passage de la peur de la précarité chez les jeunes à l’espoir d’une autre société qu’il faut construire. En ce sens, le mécontentement actuel de la jeunesse et des Français est différent que par le passé car il se couple à la volonté de changer les choses.

Le Président s’est aussi présenté comme reformeur en présentant les trois grandes mesures de l’année : Travail, Égalité & Citoyenneté et lutte contre les paradis fiscaux. « Je réforme tous les jours, et je continuerai jusqu’à la fin de mon mandat ». Elle est où la jeunesse dans tout ça selon vous ?

Je dois avouer que j’ai du mal à voir la jeunesse dans ces trois grandes réformes. La Loi Travail rajoutera de la précarité à la précarité et ce ne sont pas les 500 Millions d’euros promis par Manuel Valls qui changeront les choses. Qui peut croire que 3 mois de bourse supplémentaires changeront radicalement les choses ? Il ne me semble pas qu’au bout de 3 mois les étudiants ont un job. La loi Egalité & Citoyenneté est selon moi symptomatique du décalage entre le gouvernement et les Français : nous sommes tous citoyens et comme je le disais jeudi les Français sont en train de se réapproprier la notion de politique qui veut simplement dire s’occuper de la vie de la cité (ce que tout le monde fait au quotidien). Quant à la loi sur les paradis fiscaux, ça me fait doucement rigoler car j’ai l’impression que c’est une réponse au Panama Papers. Il faut rappeler que le gouvernement s’est opposé à une loi sur les paradis fiscaux il n’y a pas si longtemps.

Pendant ces 90 minutes, le chef de l’Etat a tenté de rassembler les Français et il vous a répondu : « J’espère pouvoir vous convaincre que vous vivrez mieux demain ». Le Président vous a-t-il convaincu ?

Je ne pensais pas être convaincu avant l’émission et ça s’est confirmé. Le Président n’a répondu à aucune de mes questions. Mes questions portaient sur les raisons de la politique menée et il a simplement expliqué ce qu’il avait fait sans expliquer le pourquoi. J’ai surtout trouvé que son discours manquait cruellement de vision à long terme. C’est évidemment important d’être enraciné dans la réalité mais une vision d’avenir, une sorte d’idéal est également très important et c’est tout ce qui manque à la politique politicienne actuelle pour moi.

On a pu le découvrir dans votre portrait juste avant l’interview, vous participez au mouvement Nuit Debout. Quelles étaient vos attentes vis-à-vis de ce débat ? Des annonces particulières ? Des remises en question de la part de François Hollande ?

Avant toute chose je veux rappeler que je ne suis pas un représentant de Nuit Debout mais simplement un Français, comme il y en a des milliers, qui participe au mouvement. Je n’avais pas de réelle attente vis-à-vis de ce débat et d’ailleurs rien n’en est ressorti. François Hollande a dit que c’était bien que les jeunes – je signale qu’il n’y a pas que des jeunes à Nuit Debout – prennent la parole et expriment leur avis mais nous ne voulons plus simplement prendre la parole, nous voulons aussi décider. C’est peut-être le point où je l’ai senti le plus en décalage notamment quand il a fait une ode à la démocratie participative. J’ai le sentiment qu’il entend mais qu’il n’écoute pas.

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