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Un scandale panaméen à géographie mondiale*Théo Moy, chef du service politique

Dimanche soir, quelques minutes avant vingt heures, le #PanamaPapers figure déjà parmi les Top Tweets au niveau mondial. On apprend alors que des dizaines de journalistes ont collaboré pendant des mois sur des fichiers, plus de dix millions, provenant d’une fuite des archives d’un cabinet « spécialiste de la domiciliation de sociétés offshore » selon Le Monde, dont les journalistes des Décodeurs ont participé à cette enquête d’envergure mondiale. Voici ce que l’on sait de ces révélations.

Crédit image : A.Gelebart/20 Minutes

Le travail du cabinet « Mossack Fonseca », cabinet d’où ont « leaké » les 2.6 téra octets de fichiers est assez simple. Il camoufle l’argent des plus riches dans des montages offshore en leur garantissant un anonymat total. C’est donc une vaste entreprise d’aide au blanchiment d’argent, à la fraude et à l’évasion fiscale basée dans la République de Panama. Le Panama est ce pays d’Amérique centrale coincé entre la Colombie et le Costa Rica et qui tire presque 80% de son PIB du secteur des services, notamment financiers. Le Panama refuse ainsi de travailler aux côtés des autres Etats à la lutte contre les pratiques de blanchiment d’argent et n’est pas très regardant sur l’origine des sommes qui transitent par ces montages offshore. Mais les activités de l’entreprise Mossack Fonseca ne se limitaient pas à son territoire puisque, toujours selon Le Monde c’est dans pas moins de 21 paradis fiscaux que ses entités offshore étaient installées. Si cette fuite est d’une ampleur historique, c’est donc par l’étendue géographique qu’elle couvre mais aussi par le nombre de noms qu’elle dévoile. En fait, elle se différencie radicalement des « leaks » précédents qui ne concernaient que quelques clients d’une banque ou résidents d’un pays… Cette affaire démontre aussi l’inefficacité des lois anti-blanchiment et des mesures contre l’évasion fiscale, car entre les clients fortunés et Mossack Fonseca qui a pu camoufler certaines fortunes derrières plusieurs sociétés écrans, il y a nécessairement des intermédiaires, dont de grandes banques.

Ce scandale des « papiers de Panama » risque dans les jours et les semaines qui viennent d’avoir un impact politique d’ordre mondial. En effet, des chefs d’Etats parmi les plus puissants sont cités comme possédant certaines des sociétés offshore. Le premier concerné et peut être de la manière la plus spectaculaire est Vladimir Poutine. Pour citer La Libre, un média belge qui a lui aussi participé aux investigations, le président russe « a fait circuler par offshore des "prêts" aux amis pour un total de 2 milliards de dollars et a permis le contrôle en sous-main de sociétés russes de premier plan ». Alors qu’il était déjà soupçonné de telles opérations, voilà qu’il semble établi, selon Le Monde, que son cercle de proches « a amassé pendant des années plusieurs centaines de millions d’euros puisés dans l’argent public, au service de l’oligarchie du régime ». Quelle sera la réaction dans l’opinion publique russe ? Il est en tout cas certain que ces révélations vont remuer la sphère politique. Sont également cités, les présidents ukrainiens et argentins, les premiers ministres islandais et pakistanais ou encore le roi d’Arabie Saoudite, Salman.

D’autres milieux que la politique sont touchés, le monde des sports notamment, avec la découverte que Michel Platini, directeur suspendu de l’UEFA, possède une société offshore que le Monde qualifie de « mystérieuse ». Le nom du ballon d’or Lionel Messi est également cité. Dans les prochains jours, tous ces cas vont être détaillés par les 104 rédactions qui ont participé à l’exploitation des 11.5 millions de fichiers, l’on peut ainsi s’attendre à de nouvelles et importantes déclarations.

1 commentaire:

  1. excellent article! j'avais rien compris hier soir mais la c'est vraiment clair. merci

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