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François Hollande, un hypothétique deuxième mandat ?*Louise Bigot

Alors qu'à droite les pronostics vont bon train pour savoir qui sera le candidat des Républicains en 2017, la majorité présidentielle semble être plus que jamais dans le flou. A un an des élections, François Hollande entre peu à peu en campagne alors que sa côte de popularité peine à passer les 15 %. Entre les défenseurs du président sortant et ceux qui militent pour une primaire à gauche, le fossé se creuse, d'autant que Emmanuel Macron, qui a lancé il y a un mois son mouvement « En Marche » progresse dans les sondages. Avec une majorité coupée en deux et un désamour presque total des français, François Hollande a-t-il encore une chance en 2017 ?

« La France va mieux »

Des mots qui semblent être devenus une rengaine ces dernières semaines. Beaucoup avaient souligné son manque de naturel voire son déni de la réalité face aux français choisis pour se confronter à lui le 14 avril. Lors de la commémoration du 8 mai 1945, François Hollande a même affirmé qu'ils avaient « bien redressé le pays ». Des mots loin d'être partagés par tous. Le président vit-il sur un petit nuage ou les français n'arrivent simplement pas à se sortir de la morosité ambiante ? Les chiffres sont bien positifs, mais sans doute pas assez pour observer des résultats concrets : le déficit public a légèrement baissé, la croissance a augmenté sans toutefois permettre la création d'emplois. En considérant que la dynamique aujourd'hui défendue par François Hollande ne soit pas que le fruit d'une conjoncture économique favorable, entre le prix du pétrole bas et l'euro faible, ce qui risque cependant de ne pas durer, le président peut-il sauver son quinquennat et espérer une réélection ? Les chiffres de l'opinion montrent toujours un désamour pour le président de la République : la côte de popularité du président, malgré une légère augmentation, dépasse à peine les 15%. Du côté des intentions de vote, François Hollande ne se qualifie pas pour le second tour et est devancé par Alain Juppé ou Marine Le Pen. Dans l'hypothèse que Nicolas Sarkozy soit le candidat de la droite, le président et son prédécesseur seraient tout deux aux alentours de 20%.

Crédit image : Philippe Wojazer/AFP

Malgré les surprises comme on les as déjà vues avec l’élection de Jacques Chirac en 1995, pourtant malmené pendant toute la campagne par les sondages ou encore avec Lionel Jospin en 2002, éliminé dès le premier tour après un bilan plutôt positif à Matignon, voir François Hollande franchir une nouvelle fois le seuil de l’Élysée pour 5 ans reste impensable voir cauchemardesque pour une grande majorité de français. Si François Hollande se représente sans tenir compte de sa promesse de campagne, inverser la courbe du chômage ou ne pas se présenter pour un deuxième quinquennat, il risque de perdre toute légitimité face aux français. Inverser durablement la courbe du chômage en un an est un sacré pari pour le chef de l’État qui semble d'ors et déjà entré en campagne. Et si les micmacs de comptabilisation des chômeurs lui permettent de respecter sa promesse, les français ne verront pas les chômeurs de leur entourage retrouver un emploi et ne pourront pas y croire. La fracture entre les Français et François Hollande semble être consommée. Personne ne croit vraiment les paroles du président sur la santé retrouvée de la France. Si François Hollande ose se lancer dans la course à un deuxième mandat, sa réélection semble inenvisageable, d'autant qu'à gauche, la concurrence se fait sentir.

Une forte concurrence

Vu il y a encore quelques mois comme le candidat naturel de la gauche, François Hollande semble plus que jamais en difficulté au sein de son propre camp. Après l'appel pour une primaire à gauche lancé le 11 janvier dernier, le ministre de l'économie, Emmanuel Macron, qui ne doit son existence politique qu'à François Hollande, crée son mouvement « En Marche » et est plus que jamais « l’électron libre » de la gauche. A deux points de détrôner Alain Juppé de sa place de personnalité préférée des français, Emmanuel Macron serait le seul candidat de gauche capable de se qualifier pour le deuxième tour. Une éventualité qui signerait l'arrêt de mort de l'hypothétique deuxième mandat de François Hollande. Si certains socialistes préfèrent laisser François Hollande être le candidat du PS tout en sachant qu'il est fini politiquement pour éviter de « gâcher » un autre candidat d'une gauche qui a perdu toute crédibilité, la donne pourrait peut-être changer. Si la popularité du ministre de l'économie perdure, il pourrait devenir le candidat à soutenir pour l'aile libérale du PS, au moins. Alors que François Hollande a entraîné Manuel Valls dans sa chute, Emmanuel Macron semble bien déterminé à tracer son propre chemin. Malgré ses affirmations sur sa loyauté toujours entière au président de la République, il est clair que François Hollande s'est créé son pire ennemi pour 2017 en appelant Emmanuel Macron à Bercy.

Une amélioration de la conjoncture économique qui s'est fait trop attendre, de fortes augmentations d'impôt incompréhensibles de la part d'un gouvernement de gauche, l’amateurisme du gouvernement face à la déchéance de nationalité, le débat sur la Loi Travail qui signe le divorce entre le gouvernement et la jeunesse… Autant d'éléments qui fragilisent le chef de l'état pour 2017. Pourtant, à force de mettre en valeur les points positifs de son quinquennat, François Hollande peut-il encore reconquérir les Français ? Il lui reste un an.

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