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La Pologne va-t-elle suivre la voie du Brexit ?*Lucas Marciot

Depuis la chute du communisme, Varsovie n’avait quasiment jamais vécu d’aussi importantes manifestations. 240.000 personnes se sont réunies dans la capitale polonaise pour « préserver la place du pays en Europe », menacée selon les manifestants par la politique des conservateurs au pouvoir selon l’AFP.

Crédit image : Reuters/Kacper Pempel

À l’appel du Comité de la Défense de la Démocratie (KOD), cette protestation s’est déroulée dans le calme le 7 mai dernier, sous un soleil estival, sous le mot d’ordre « nous sommes et resterons en Europe ». Bien que le gouvernement de Droit et Justice (PiS) se dise attaché à l’Union Européenne depuis l’entrée de la Pologne en 2004, il connaît des frictions importantes avec plusieurs institutions européennes en raison de ses réformes controversées comme celles relatives aux médias publics devenus ouvertement pro-gouvernement. La commission européenne a ainsi engagé contre Varsovie une procédure inédite pour vérifier l’état de droit dans le pays.

Une manifestation qui rassemble l'opposition

Cette manifestation de tous les records a également réuni la majorité des partis d’opposition parlementaire tels que la Plateforme civique (libéraux), le parti paysan PSL ou encore le parti social-démocrate SLD et Les Verts. Les manifestations regroupés devant le siège du gouvernement brandissaient des drapeaux nationaux blanc et rouge ainsi que des drapeaux européens et des bannières avec des slogans pro-européens avant de chanter l’hymne national et de scander : « nous défendrons la démocratie et la Constitution ». L’ancien président Bronislaw Komorowski a également déclaré : « nous sommes ici, car nous voulons nous battre pour la liberté en Pologne, pour la démocratie » comme l’indique Le Monde. 

Cependant, une deuxième manifestation organisée par le mouvement nationaliste a réuni entre 2.000 et 4.500 personnes selon la police, contre la présence de la Pologne dans l’UE et le « dictat de Bruxelles ». Ces deux marches ont coïncidé avec la traditionnelle « parade Schuman » organisée à l’occasion de la Journée de l’Europe. Jaroslaw Kaczynski, considéré par la classe politique comme le principal auteur de la politique du gouvernement de Beata Szydlo a minimalisé l’importance de la contestation : « ce n’est pas un grand souci » a-t-il commenté. « Les protestations sont l’effet du mécontentement des résultats des élections » présidentielles et législatives remportées par son parti. Par ailleurs, il a réaffirmé le refus total de recevoir des réfugiés en Pologne : « après les derniers événements liés au terrorisme, nous ne recevrons pas de réfugiés, car il n’y a pas de mécanisme qui nous garantirait la sécurité » a-t-il dit sur la chaîne de télévision TVP info.

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