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L'Édito politique #83 : De l’individualisme au commun*Théo Moy, chef du service politique

La perte de valeurs est une critique fréquemment portée à l'encontre de notre société actuelle, critique souvent associée à une dénonciation du paradigme de la finance. L'adhésion de l'occident au libéralisme économique débridé, et la mondialisation de ce modèle, ont surement changé en profondeur la manière qu'ont les hommes de vivre en société. Le rapport de chaque personne à son contexte, son entourage plus ou moins proche et la société dans laquelle il évolue, semble ne plus obéir aux mêmes règles. Il apparait qu'effectivement chacun a de nos jours tendance à calculer l'utilité économique et financière de tel ou tel acte. Le symbole de ceci peut être trouvé dans la réduction de l'impôt sur le revenu proposée pour qui fait un don à un organisme d'intérêt général. Le don, s'il produit le même effet, n'est plus symboliquement le même car il n'est plus motivé uniquement par l'aspiration à aider quelqu'un qui a une situation plus difficile que la sienne. Cette société du dédommagement perpétuel est aussi celle de l'individualisme. Car l'intérêt ne peut dans l'argent qu'être singulier. Le constat étant établi, il faut se demander si nous ne trouverions pas dans ce règne individualiste de l'argent la source de nos déconvenues, et envisager des solutions.

Nous devons nous demander si les fractures que les sciences humaines s'attèlent à mettre en lumière ne sont pas de plus en plus aujourd'hui conséquentes de la fin des vraies valeurs, celles qui mènent l'homme à préférer la bonne santé de son voisin à la possession matérielle. Bâtir une société de l'entraide et du désintéressement a cela de réaliste qu'elle n'a nulle besoin d'une révolution pour se mettre en place, ni d'un changement de système politique. Si les initiatives sont nombreuses et médiatisées pour définanciariser nos rapports, le changement et l'adhésion au moins nationale à un nouveau système de valeurs pourrait se faire démocratiquement. Il ne s'agit pas là de prôner une énième entreprise éco-responsable ou bobo-citoyenne, qui sont bien souvent très égoïstes. Pour pendre un exemple, les participants de Nuit Debout stagnent, désabusés par un modèle politique qu’ils jugent exécrable, alors qu’ils seraient assez nombreux et divers pour former une équipe de campagne et proposer une alternative crédible en 2017. Alors, plutôt que de se donner les moyens de rebâtir une société dont les valeurs seraient communes, c’est à l’enfermement et à l’entre soi que se vouent les initiatives disparates.

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