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Le flux migratoire des députés écologistes vers les terres socialistes*Valentine Ravez

Depuis plusieurs mois le parti Europe écologie les verts est en crise, la dissolution de son groupe à l'Assemblée Nationale est l'occasion de dresser un bilan politique de ce parti en pleine implosion. Composé initialement de 16 membres, le groupe écologiste n'a pas survécu au départ de 6 d'entre eux pour rejoindre la majorité socialiste (François de Rugy, Véronique Massonneau, Eric Alauzay, Christophe Cavard, Paul Molac et François-Michel Lambert), ne restent donc que 10 députés et ce chiffre est insuffisant pour prétendre former un groupe.

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La dissolution d'un groupe est une première à l'Assemblée, surtout 4 ans seulement après sa formation. David Cormand, l'actuel secrétaire national d'EELV estime que cette dissolution «est l'aboutissement d'une opération de démolition d'EELV et de l'écologie politique lancée avec la création de l'Union des démocrates et des écologiste (UDE), en octobre, et par le débauchage d'écologistes lors du dernier remaniement»

Il est vrai que la nomination de certaines têtes écologistes au gouvernement (Jean-Vincent Placé par exemple) a fait débat en interne puisque le parti est incapable de trouver une position stable quant à la politique du gouvernement Valls, tantôt favorable et tantôt hostile... Pour Emmanuelle Cosse « on sacrifie l'écologie aux ambitions personnelles » précisons qu'elle a tout de même accepté d'être ministre du logement.

En plus des différences idéologiques entre les pro et les anti-gouvernement, des divergences d'opinions quant à la direction du parti résidaient. Si depuis 2012 une gestion bicéphale était préconisée, certains élus n'étaient pas de cet avis et Cécile Duflot supposée reprendre la vice-présidence du groupe à l'Assemblée Nationale s'est vue déboutée après la dissolution de celui-ci.

Les dirigeants n'arrivent pas à s'entendre autour d'un projet commun, le parti se concentre davantage sur la politique des petites phrases et des règlements de compte que sur l'élaboration d'idées écologistes en vue d'avoir le pouvoir un jour. De plus en plus isolés des autres partis et déconnectés de leur électorat on distingue 2 camps, d'une part ceux qui sont fidèles à l'écologie radicale qui correspond à l'idéologie du parti et d'autre part les « pro-Hollande » qu'on pourrait qualifier de plus socialistes qu'écologistes.

Après la victoire du parti écologiste aux élections présidentielles en Autriche, le parti français se félicitait de voir son homologue prendre le pouvoir et a pris cela comme un signe de vie du mouvement européen écologiste qui paraissait quelque peu mort ces derniers temps. Le parti est également en rupture avec ses élus locaux qui se considèrent comme les moteurs de la transition énergétique par exemple mais aussi de toutes les idées vertes dont s'éloigne, pour eux, un peu trop le parti.

Célia Blauel et Julie Laernoes , élues EELV, disent de leurs initiatives politiques personnelles « Aux replis politiciens, nous répondons par l’émergence d’une génération de femmes et d’hommes qui n’opposent pas sens des responsabilités et radicalité du projet écologiste. Face à la défiance de la politique nous construisons des liens avec les citoyens et les acteurs de terrain ».

Plus que la transition énergétique, on dirait que le parti se dirige vers une transition politique, la fin d'une époque et le début d'une gouvernance plus locale que nationale. Le flux migratoire des députés écologistes vers les terres socialistes.

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