. Modern-Paper, le plus de l'info: L'Édito politique #86 : Brexit, l'Europe mérite bien un débat*Théo Moy, chef du service politique

L'Édito politique #86 : Brexit, l'Europe mérite bien un débat*Théo Moy, chef du service politique

Jeudi 23 juin se déroule chez nos voisins d'outre Manche un scrutin d'une importance historique. Le Royaume-Uni va statuer à travers un référendum s'il demeure ou non dans l'Union Européenne. Un premier vote de cette espèce avait eu lieu en 1995, deux ans seulement après que le Royaume-Uni soit rentré dans la CEE. Le résultat avait été sans appel, 67,2 % des citoyens s'étaient prononcés pour rester dans ce qui n'était alors qu'un marché commun entre Etats souverains. Mais depuis les années 1970, cet accord a bien changé et l'Union Européenne est désormais composé d'institutions plutôt supranationales, ce qui aurait fort déplu à Churchill comme à Thatcher... La campagne a fait rage ces derniers temps et a bénéficié d'une forte exposition médiatique. L'Europe et le monde, notamment des finances, seront très attentifs au résultat, car le Brexit créerait un précédent, une brèche dans laquelle d'autres pourraient vouloir s'engouffrer. Durant la campagne, les arguments des uns comme des autres ont souvent rivalisé en démagogie. Les partisans du "leave" accusant l'Europe de tous leurs maux et ceux du "stay" considérant avec dédain ceux qui, forcément de l'UKIP, ne comprenaient définitivement rien à la chose publique.

Si l'UE n'est pas seule coupable de nos maux, il est difficile de considérer qu'elle n'est pas aujourd'hui dans une impasse. À sa création on assurait qu'elle permettrait la croissance, l'heure est peut être au bilan, et aux décisions. Certains arguent en réponses aux interrogations légitimes qu'il faudrait une Europe fédérale. Mais comment construire une fédération si large et diverse? Force est de constater que l'unité ne s'est point formée dans cette diversité, en témoigne l'abstentionnisme record aux élections des députés européens. D'autres assurent que la fin de l'UE signifierait la fragilité de la paix entre les pays d'Europe, ce à quoi l'on peut répondre que des nations démocratiques se font rarement la guerre. Si l'on ne tirera pas de conclusion hâtive, si l'on ne tombera pas dans la démagogie du discours de l'évidence et du bon sens de sortir ou demeurer, nous pouvons bien admettre que l'Europe mérite au moins un débat. Et reconnaître que ce débat est plus complexe et profond que l'on veut bien laisser le croire.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire