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L'Édito politique #87 : Revue de Brexit !*Théo Moy, chef du service politique

They did it ! Ils l’ont fait ! Ils ont osé le faire ! Nos voisins d’Outre-Manche, par la majorité référendaire, ont pris la décision de larguer les amarres et de tourner le dos au vieux continent et à son alliance économico-politique. Retour sur un week-end tumultueux en réactions.

Si nous savions que le résultat allait agiter les éditorialistes, qui pouvait présager de l’abondance de délirantes prédictions et interrogations qui ne cessa de pleuvoir sur L’Union européenne ces deux derniers jours ? Alors que certains se demandaient si les Anglais allaient pouvoir finir l’Euro, oubliant que la Russie était de la partie bien que non membre de la fameuse Union, d’autres (dont pas moins de 2000% des habitants du Vatican…) signaient déjà une pétition pour qu’un second référendum ait lieu. En effet, le sondage indiquant que la population âgée avait fait sortir le Royaume Uni de l’UE quand bien même les jeunes formaient le camp du « Remain », fit pousser des ailes anti-démocratiques à quelques observateurs zélés. Cela semble tout de même un peu facile, et il faudrait analyser, comme Mediapart l’a fait, une autre ligne de fracture, géographique et économique, entre les plus riches habitants des grandes villes et les plus pauvres, ruraux. C’est normal, les pauvres sont mal éduqués et incapables de comprendre les « enjeux », diront certains, à qui nous rétorquerons que la politique européenne profite effectivement plus aux banquiers londoniens qu’aux agriculteurs des campagnes anglaises. Bref, oublions les regards alarmistes vers le passé et les prévisions catastrophistes et tentons de tirer les choses au clair sur cette affaire anglaise.

Pour qui se sent l’âme européenne, c’est effectivement une bien triste nouvelle que ce Brexit. Beaucoup d’inquiétudes sont absolument légitimes et auraient dû être posées bien avant le vote. Cependant, pour qui n’est ni gérontophobe ni prolophobe, force est de prendre acte de cette décision populaire et de penser en conséquence. Pour ma part, je me rangerais du camp des optimistes. L’UE en état est un couteux échec, et voilà venue l’occasion de la tirer de sa torpeur bureaucratique pour la rebâtir ! Il faut qu’émerge une foule de propositions pour son avenir, et sur la nature des liens qui devront unir les pays européens. Devant les divergences qui amortissent ou annulent l’effet attendu des politiques, pourquoi ne pas penser une construction plus diverse ? On pourrait imaginer un noyau européen très lié avec un budget digne de ce nom et des décisions politiques efficaces entouré d’une couronne économique au sein de laquelle le Royaume Uni et d’autres trouveraient leur place. Elaborons une foule de projets dont nous pourrions sélectionner le plus réaliste et, pragmatiques plutôt qu’idéalistes, prendre en main le futur européen. Pour cela, il faut évidemment sortir des postures démagogiques, ou xénophobes ou pitoyablement irréalistes, et mener un débat fondateur.

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