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Semaine spéciale « Moi Président » : Le bilan politique, quatre ans après*Louise Bigot

Qui ne se souvient pas des discours de campagne de François Hollande et de son célèbre « Moi Président », anaphore utilisée lors d'une interview pendant l'entre deux tours ? A moins d'un an de la fin de son quinquennat, le président donne une vision positive de ses 4 années au pouvoir, vision loin d'être partagée par l'opinion publique. Quelles étaient les promesses de campagne de François Hollande ? Que reste-t-il 4 ans après des « 60 engagements » du candidat Hollande ? Retour sur les promesses, les réussites et les échecs du président de la République.

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« Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire »

La campagne de François Hollande, dont le mot d'ordre « le changement c'est maintenant », laissait entrevoir un président intègre, proche des français, loin des frasques des premières années de l'ère Sarkozy. Le « candidat normal » voulait casser l'image du politique corrompu. On se rappelle des promesses de campagne de François Hollande, allant de la baisse de 30 % du salaire du président et des ministres à augmenter la durée d' inéligibilité des politiques condamnés pour corruption en passant par la fin du cumul des mandats…

Qu'en est-il aujourd'hui ? Après la retentissante affaire Cahuzac, une loi a été voté en 2013 pour porter la peine maximale d' inéligibilité à 10 ans, pour lutter contre les conflits d’intérêt et permettre davantage de transparence. Même si la loi sur le non-cumul des mandats va entrer en vigueur en 2017, ce principe n'est pas respecté au sein même du gouvernement : Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense, s'est fait réélire à la tête de la région Bretagne en décembre dernier. Un paradoxe qui laisse perplexe sur la réelle volonté du gouvernement pour mettre fin au cumul des mandats. La baisse de 30 % du salaire du chef de l’État et de ses ministres a quant à elle bien été entérinée, tout comme la parité homme-femme après les élections départementales de 2015 où les français ont du voter pour des tandems mixtes. Malgré le respect des promesses visant à désacraliser le statut des hommes et femmes politiques français, personne n'oubliera les virés nocturnes du président en mobylette chez sa maîtresse qui n'ont fait que dégrader l'image de la fonction présidentielle, s'accordant au final mal avec l'adjectif « normal ».


« Moi président de la République, je ferai un acte de décentralisation »

Remettre l’État au plus près des français, redonner le pouvoir aux collectivités territoriales, c'était une des promesses de campagne du candidat Hollande. Une promesse qui est passée à l'état de loi avec le redécoupage des régions, la nouvelle répartition des compétences et la généralisation du statut de métropole pour les villes de plus de 400 000 habitants. Après de multiples débats, la marche vers la décentralisation est donc actée. C'est pourtant une victoire toute relative pour les français, qui voient les services publics continuer à déserter les campagnes. Pour les nouvelles grandes régions, la décentralisation est un cadeau empoisonné. Alors que les compétences des régions vont être plus importantes, les dotations de l'état, elles, diminuent : - 3,7 milliards en 2015. La promesse de la décentralisation est donc respectée mais à quel prix ? Déjà, les économies permises par cette simplification apparaissent modérées sinon inexistantes : les dépenses de transports pour les élus ont augmenté, certaines régions gardent des fonctions de direction dans les deux anciennes capitales, ce qui ne change au final rien par rapport à l'avant-réforme… Une décentralisation en trompe-l’œil ?


« Moi président de la République, j'engagerai de grands débats »

Que ce soit à propos de l'éducation, du mariage pour tous ou encore de l'emploi, il est clair que François Hollande a tenu cette promesse. S'il a plus ou moins réussi à faire bouger les lignes sur ces différents sujets, le président de la république a néanmoins ouvert la porte à de grandes réformes, comme celle du collège ou de la Loi Travail, thèmes peu ou pas présents lors de la campagne.

François Hollande avait fait du mariage pour tous un des thèmes centraux de sa campagne, devenue la réforme emblématique de son début de quinquennat non sans difficultés après une large mobilisation à travers, entre autre, la Manif pour Tous. S'il a tenu cette promesse, tout comme celle de réformer les rythmes scolaires, d'autres thèmes de sa campagne, comme le droit de vote pour les étrangers, n'ont pas été abordés au cours de ses quatre années au pouvoir. Le grand débat sur l'emploi, engagé à travers les contrats d'avenir ou la prime pour l'emploi, prend aujourd'hui une autre dimension à travers la Loi Travail. Tout comme celle du collège, cette réforme que François Hollande n'avait pas mentionné lors de sa campagne déchaîne les passions. Un changement de cap qui témoigne d'une perception plus lucide de la réalité ? Sans doute, mais cela laisse un goût amer aux français qui avaient élu François Hollande sur un programme bien plus à gauche que les mesures qu'il met en œuvre aujourd'hui.

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