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Semaine spéciale « Moi Président » : L'Édito politique "François Hollande et la France, divorce multidimensionnel"*Théo Moy, chef du service politique

Cette semaine, sur votre pureplayer favori, j’ai nommé Modern-Paper, nous nous lançons un défi certes commun mais pas désintéressant pour autant. C’est celui de dresser le bilan du Président en place, François Hollande, que tous s’accordent pour décrire comme étant le plus impopulaire de la Ve République, si ce n’est de l’Histoire. Il est vrai qu’il aura réussi, en un peu plus de quatre années de mandat, à faire massivement et successivement descendre dans la rue et le peuple de droite puis celui de gauche. Le premier, pour s’opposer au Mariage « Pour Tous », contre un progressisme social jugé trop zélé. Le second, contre la loi Travail et ce qui est perçu comme une dérive libérale, un comble pour un président étiqueté socialiste.

Crédit image : AFP/Kenzo Tribouillard

Cela dit, les réformes qui agacent les uns auraient pu ravir, sinon contenter, les autres. Mais il n’en fut rien, ce qui a de quoi nous surprendre. Le président Hollande, s’il fut et demeure, dans la gestion des dossiers et la promotion de ses réformes, brillant de maladroitesse sinon d’amateurisme, ne s’est pas défilé pour autant. Il a su engager, comme promis, de grands débats, comme l’illustrera mardi 7 juin notre rédactrice Louise Bigot. Il n’a pas non plus démérité en terme de politique étrangère, comme le montre Marion Sorant du service international dans un papier à paraître vendredi 10 juin. Si sa politique a déçu, elle ne saurait expliquer à elle seule le désamour que les citoyens lui portent. Si bien que l’on en vient à se demander s’il n’est lui même, indépendamment de son action politique, la cause de ce rejet massif et transpartisan.

De candidat « normal », il est passé à président « on ne peut plus président ». L’affaire Gayet, comme elle fut nommée, le décrédibilisa grandement, et sa fonction avec. Quel président « normal » trompe sa première dame en rendant visite en scooter à une autre ? Le divorce entre le chef de l’Etat et ses électeurs fut alors acté.

Mais de manière moins symbolique, c’est son revirement idéologique que les Français ne purent lui pardonner. Quel socialiste pourfendeur de la finance se mue en quelque temps en un libéral très conventionnel ? C’est tout de même bien difficile à accepter, d’une part pour un électorat de gauche, qui ne s’y retrouve plus ; mais aussi pour celui de droite, qui s’amuse de cette sorte de retournement de veste qui ne peut d’ailleurs être qualifié d’opportunisme car nul ne voit ce qu’il y a d’opportun dans ce basculement.

S’il s’hasardait à devenir candidat à sa succession, on voit mal sur quel tableau il pourrait jouer, décrédibilisé qu’il est, tant sur le plan humain que sur celui des idées.

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