. Modern-Paper, le plus de l'info: L'Édito politique #87 : Incohérence écologique*Théo Moy, chef du service politique

L'Édito politique #87 : Incohérence écologique*Théo Moy, chef du service politique

Les débats actuels sur l’Union Européenne ont pour conséquence de faire réapparaitre l’opposition fondatrice entre deux visions de la construction européenne, union de nations ou fédération. Le parti écologiste français (EELV), comme ses camarades du reste de l’Europe, a choisi son camp depuis longtemps. En effet, sa détestation des frontières et des nations, ces accidents de l’Histoire, le pousse à militer pour un plein abandon des souverainetés nationales. Mais cela ne rentre t’il pas en contradiction avec la principale raison d’être d’un parti dit « écologiste », son engagement pour le respect, la protection, la préservation voire la restauration de l’environnement, de la nature ? En d’autres termes, une meilleure protection de l’environnement peut-elle être conçue au sein de l’Union Européenne ?

La réponse évidente, celle qui vient instantanément à l’esprit est que oui, c’est au sein des plus grandes organisations que l’on peut penser le meilleur écologisme, et mener une politique en réponse au plus grand des problèmes. Une politique commune menée pour préserver l’environnement, engageant plus de vingt-cinq Etats, ne peut qu’avoir plus d’impact que des politiques menées indépendamment par les Etats. Cependant, cette vision touchant à l’aspect politique semble oublier l’aspect plus économique de la construction européenne et devrait interroger les femmes et hommes politiques écologistes. S’ils souhaitent un changement de société, peuvent-ils l’imaginer au sein d’un espace qui promeut les échanges intra-branches, à travers le dogme de l’avantage comparatif ? En clair, comment accepter, lorsqu’on se dit écologiste, que les productions d’un même bien soient échangées entre deux pays, sachant quelle pollution provoque le transport de marchandises ?

La réponse nuancée mène ainsi à considérer que la pensée écologiste devrait pousser les politiques à promouvoir les productions locales et les cercles courts de distribution, plutôt que les échanges polluants de même produits. Mais cette vision « localiste » est peu compatible avec le projet intrinsèquement libéral de l’UE. Cela dit, ce constat pourrait être dépassé, et l’on pourrait concevoir un projet « durable » d’union économique et politique en Europe. Le seul bémol est que tout ceci explique assez peu la hargne avec laquelle les « écolos » défendent l’actuelle UE. Définitivement, comme l’Europe, l’écologie mérite bien un débat.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire