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Législatives en Espagne : Podemos affaibli, la droite renforcée*Lucas Marciot

Le 26 juin dernier, le Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy, le chef du gouvernement sortant a consolidé sa position, avec 137 députés, quatorze de plus que lors des élections de décembre dernier. Cette victoire des conservateurs devant les socialistes dirigés par le parti anti austérité Podemos marque en tous cas la fin de six mois de blocage politique sans majorité de gouvernement. En ce jour de vote, les esprits étaient évidemment tournés vers le Royaume-Uni et sa sortie de l’Union européenne : la participation a atteint des records de faiblesse depuis le retour de la démocratie en Espagne, comme l’indique Le Monde, 51% à 18h contre 58% à la même heure en décembre 2015. Cependant, le parti du président en fonction depuis 2011 n’est pas le seul gagnant de cette élection : il ne remporte que 137 sièges sur 350. La majorité absolue lui échappe une nouvelle fois mais les conservateurs devraient se tourner vers le libéral Ciudadanos, dont le chef Albert Rivera a annoncé qu’il était prêt à commencer ces discussions. Le Parti socialiste (PSOE), qui alterne au pouvoir avec le PP depuis plus de 30 ans, reste la première force d’opposition. Il n’a cependant obtenu que 85 sièges, contre 90 en décembre, ce qui était déjà le pire résultat de son histoire récente.

Crédit image : Flickr/Paco Rubio Ordás

Coup dur pour Podemos

Les sourires ont laissé place à la « déception » comme l’a indiqué le leader du mouvement Pablo Iglesias à l’annonce des résultats au théâtre Goya, le siège du parti. La coalition regroupant le parti et Izquierda Unida a longtemps cru pouvoir accrocher la deuxième place, mais deux ans après son lancement, elle connaît son premier coup dur. En l’espace de six mois, les deux partis ont gardé leur 71 sièges obtenus en décembre mais ont perdu le soutien de 1,2 million de personnes. Le leader a également affirmé ne pas être « satisfait des résultats » car il « espérai[t] autre chose » et a également déploré que « la nouvelle du jour, malheureusement, c’est que le PP a gagné des voix ».

Les mises en garde de Mariano Rajoy contre les « expérimentations des extrémistes et des radicaux » après le Brexit semblent avoir marché, comme l’indique Le Nouvel Observateur. Pablo Iglesias voulait gouverner avec le PSOE et mettre fin à la corruption et à l’austérité en relatant les dépenses sociales mais les tensions entre les deux formations sont si importantes qu’elles n’ont pu s’entendre. Avec 156 sièges, leur alliance est désormais insuffisante pour gouverner. Pedro Sanchez, le chef du PSOE lui reproche cette défaite en affirmant que « Monsieur Iglesias […] avait la possibilité de mettre fin au gouvernement de Rajoy. Au lieu de ça, la droite a améliorer ses résultats ».

La gauche est donc très divisée et Rajoy table cette fois sur ces conflits internes pour qu’elle le laisse « former un gouvernement et éviter ainsi aux électeurs exaspérés un troisième tour aux urnes ».

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